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Le deuil chez
les fang (4)

Le défunt qui était
derrière les cases (car les tombes se trouvaient généralement derrière
les cases), ou bien, son esprit, en allant tourner autour de sa tombe
en dansant et en chantant, en tenant un effet lui appartenant, a été
ramené parmi les vivants (dans la cour, devant les cases, lieu de la
vie).
A la fin de cette ronde, la danse prenait fin et dans certains cas,
cette fin pouvait signifier la fin du retrait de deuil, ou tout
simplement la fin du deuil. Mais dans d’autres cas, la danse du « Ndong
Mba » pouvait suivre l’après midi si ce n’était le conteur de mvett.
Lorsque les danses s’arrêtaient, les invités étaient remerciés et
pouvaient commencer à rentrer cher eux avant que les oncles maternels
ne se réunissent avec la famille paternelle du défunt pour discuter des
points laissés en suspens lors de la réunion qui avait suivi
l’inhumation et notamment de l’épineuse question du partage des biens
du défunt. Lorsque cela était fait, le deuil était officiellement
retiré et…la vie pouvait continuer en gardant malgré tout le souvenir
de l’être parti.
En conclusion, nous pouvons dire que le deuil chez les fang
traditionnels était un long processus qui pouvait s’étaler sur
plusieurs mois ou plusieurs années. C’était selon. Dans son essence
même, il n’était pas un moment de joie car même si la vie continue dans
l’autre monde pour le défunt, le décès lui-même est une séparation, et
comme toutes les séparations, il fait mal. Et les fang traditionnels
avaient essayé de cacher cette douleur provoquée par cette séparation
par un ensemble de rituels. Ce qui fait que lorsqu’on assistait à un
deuil, l’aspect ludique, malgré la douleur n’était jamais évacué.
Peut être pour rendre la séparation supportable. A cet effet, il nous
avait été donné de constater un jour qu’une femme, qui venait de perdre
son enfant, malgré l’instant de grande douleur qui était le sien,
s’était arrêtée de pleurer et avait ri à des blagues qui fusaient dans
la maison mortuaire. Ce sourire à lui seul était un acte de courage et
d’espoir.
 
Publié le
19/08/2006
Auteur: Adzidzon
Bekale
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