LE MARIAGE D'ESSAKANA-NGANIYO (1)    
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 « Owoula Yaa ! Yaa ! Owoula Vimm ! Vimbeng! »

               
La
naissance d’une fille dans un foyer est pour
certaines ethnies un heureux événement. La fille est l’enfant qui ne
tarde pas à rendre des services appréciables au foyer. C’est elle qui
va chercher des vivres en l’absence de la mère, c’est elle qui connaît
les rivières ou les zones de pêche de sa mère, c’est elle qui fait la
cuisine pour aider la mère et en l’absence de celle-ci. La fille est
encore l’objet économique de la famille. Par le jeu du mariage, elle
produit la dot qui servira à épouser une autre femme dans le foyer
paternel…
            
 
   
Dans la famille de Nganiyo où il n’y avait rien que
des garçons, est née une fille. On lui a donné le nom de
Essakana-Nganiyo. A sa naissance, ses ancêtres lui ont préparé un grand
avenir. Mais elle épousera un lépreux de préférence, si elle veut
bénéficier des bénéfices de ses grands-parents.
            
 
   
Devenue grande, elle est entrée dans la vie avec une
grande popularité. Chaque semaine, elle recevait dans son village des
jeunes qui venaient demander sa main. Tous les beaux garçons de son
entourage, ceux des villages voisins, et ceux venus de l’étranger n’ont
eu aucun succès. Tous les riches de son entourage, ceux des régions
avoisinantes ainsi que les riches venus de l’étranger ont échoué à leur
tour malgré les énormes richesses qu’ils étalaient aux yeux
d’Essakana-Nganiyo. 
 
La nouvelle du
comportement de la fille a attiré par la suite tous les
guerriers de la région et ceux de l’étranger. Ces derniers ont fait
état de leur prouesse et vanté leurs victoires du passé. Essakana est
toujours restée indifférente aux guerriers.
            
   
Plus personne n’avait le courage d’aller dans le
village de la fille, ni d’oser faire des avances à cette dernière et
chacun se disait : « Celle-là est malade ; celle-là est folle… »
            
 
    La
nouvelle  a couru à travers le pays,
ridiculisant les échecs qu’ont essuyés les beaux garçons, les riches et
les hommes forts dans leur tentative d’épouser Essakana. C’est alors
que tous les vilains garçons se sont préparés pour demander la main de
la fille et, comme les premiers, c’était l’échec total.
            
 
   
Les infirmes ont cru que la chance souriait pour
eux. Tous les infirmes, les boiteux, les manchots, les paralytiques,
les sourds, les aveugles…sont passés à tour de rôle devant la fille et
n’ont eu aucun succès.
 
 
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Publié le 12/02/2008                                                Auteur:   Mongo Nnam