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Le rite du Ndong Mba fait
parti des nombreux rites et
notamment de rites masculins que l’on rencontrait dans la société
traditionnelle fang. Comment se déroulait-il ?
Le rite du Ndong Mba est
essentiellement masculin. C’est à l’âge de
quinze ans que le jeune garçon devait subir l’initiation au Ndong Mba.
Comme jusque-là il lui était interdit de manger la viande de « sô »
(antilope dormante), c’est après son initiation seulement qu’il pourra
en manger autant qu’il voudra.
Le candidat à l’initiation est emmené en lieu
secret « ngounn »
assez
retiré du reste du village. Seuls les anciens, responsables de
l’initiation, peuvent s’y rendre. Les candidats n’ont aucun autre
contact avec le monde extérieur. Les femmes ne doivent absolument pas
s’approcher de ce lieu. Si une femme venait, par mégarde, à apercevoir
les candidats, elle subirait immédiatement le poids de malédictions
pouvant aller jusqu’à la perte de ses menstrues.
Pendant leur séjour dans « ngounn », les
candidats sont soumis à un
régime spécial : pas de nourriture préparée par une femme. Leur corps
est enduit d’une poudre écarlate, signe de purification corporelle.
Après le temps réglementaire, cinq à sept jours, les postulants sont
d’abord placés sur «
nzôm ». Là, ils doivent expier les péchés qu’ils
ont commis depuis leur naissance. La cérémonie se déroule en plein air
dans un coin du village. Ce qu’on entend par péchés au village, c’est :
avoir volé, avoir commis un adultère, avoir joué avec sa sœur jusqu’à
toucher à son sexe, avoir injurié les ancêtres… Le néophyte manifeste
son repentir du haut du « nzôm »,
échafaud soutenu par deux pieux
fourchus et solidement enfoncés dans le sol. Le bois utilisé pour le
fabriquer est celui de « assas », arbre
dont le tronc est couvert de
longues épines.
Descendus du « nzôm », les
candidats se dirigent vers la brousse pour
une séance dite «
abi sô » (chasse symbolique de l’antilope dormante).
Epreuve difficile, les enfants se présentent devant un être qui n’a pas
de tête, pas de pieds et qui se déplace au son du « nku’u » (tam
tam).
Il faut sauter et l’attraper. C’est après cette épreuve que les
scarifications sont faites sur la nuque du candidat pour lui conférer
le titre d’initié au Ndong Mba.
A la fin de l’initiation, est organisée
la séance « ngome
». Il s’agit pour les hommes de profiter de ce moment
pour donner leçon aux femmes. Les portes des femmes sont fermées et Ndong
Mba, l’initiateur inconnu à qui l’on attribue le pouvoir de
sanctification et de rémission des péchés, passe d’une case à une
autre. A chaque porte, il clame tout haut les défauts de la femme, tant
en ce qui concerne son comportement général que ce qui est de
l’entretien, de la propreté de son corps, de ses vêtements, de sa
maison, de ses plantations. Devant la violence du ton et l’impudeur des
propos, fusent les cris et les applaudissements des accompagnateurs. A
la fin de cette cérémonie mouvementée, les initiés regagnent leur
demeure et reprennent la vie de tous les jours en ayant dorénavant
l’autorisation de manger du « sô », en étant des hommes.
Publié le 19/08/2006
Auteur: Adzidzon
Bekale
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